Pour briser le silence autour de la santé sexuelle et mieux informer les populations sur le bien-fondé d’une gestion de la santé sexuelle, gage d’une vie sexuelle épanouie, l’ONG EngenderHealth a initié un atelier à l’intention des blogueurs. Il s’est déroulé du 19 au 21 Septembre 2019, au siège de l’Agence ivoirienne pour le bien-être familial (AIBEF), dans la commune de Treichville.

L’objectif principal de cet atelier de formation était le renforcement des capacités des participants sur les droits et la santé sexuelle et reproductive (SSR). Il s’est également agi d’améliorer leur perception sur les droits des femmes et des jeunes à l’accès aux services de SSR, notamment la Planification Familiale et les soins après avortement.

Enfin, il a été question de communiquer sur le contexte légal ivoirien pour l’accès des jeunes et femmes à la planification familiale et aux soins complet d’avortement et sur les engagements pris par la Côte d’Ivoire en matière de SSR à travers certaines dispositions juridiques nationales et internationales et de clarifier les valeurs à propos des les Droits et la Santé Sexuels et Reproductifs ( DSSR) des femmes et jeunes y compris L’Education Complète à la Sexualité ( ECS) , la Planification Familiale (PF) et les soins complets d’avortement.

Plusieurs experts sont passés à tour de rôle pour nous expliquer les différents termes que sont la santé sexuelle reproductive, les actions qu’ils mènent sur le terrain et les difficultés auxquels ils sont confrontés.

Nous avons en outre été formés sur les méthodes d’approche des jeunes et surtout la manière d’aborder le sujet de la sexualité afin de les convaincre de demander conseil sur ce sujet car c’est un droit, c’est leur droit.

À la fin de l’atelier, les participants ont pris l’engament d’être des porte-paroles et porter le message aux jeunes, femmes et hommes, qu’être éduqué sur la santé sexuelle reproductive est un droit et que les barrières doivent être brisées afin d’avoir une vie santé sexuelle épanouie.

Rappelons que l’ONG EngenderHealth s’est donnée pour mission de donner aux femmes et aux filles les moyens de vivre pleinement leur vie en leur donnant accès à des informations et à des services de santé et de droits en matière de sexualité et de procréation et en établissant des partenariats entre tous les secteurs pour créer un changement durable et transformateur.

Constat peu reluisant en Côte d’Ivoire

Selon la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, les adolescents ont le droit de jouir des normes de santé les plus élevées possibles, y compris celles concernant les informations et services relatifs à la contraception.

Cependant, force est de constater que la réalité est toute autre en Côte d’Ivoire, où les jeunes et adolescent(e)s constituent la majorité de la population. Le comportement sexuel de ces derniers laisse à désirer et a un impact majeur sur l’économie et sur le bien-être de la population. L’accès à l’information sur la sexualité et les services de planification familiale sont quasiment inexistants ou insuffisants.

Pourtant, l’âge moyen auquel les adolescentes ivoiriennes ont leur premier enfant est de 16,7 et le ratio de mortalité maternelle qui était de 645 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2015 (PNDS 2016-2020) est fortement lié à la recrudescence des grossesses chez les ados et jeunes (ex : un peu plus de 3500 cas en milieu scolaire en 2017) et aux complications des avortements clandestins.

Seulement 37,2% des adolescentes non mariées et sexuellement actives âgées de 15 à 19 ans utilisent une méthode contraceptive pour éviter la grossesse selon une enquête PMA 2020, 2018.

Quant aux avortements, malgré l’interdiction de la loi, ils continuent d’être pratiqués clandestinement et à faire des morts. Selon une étude réalisée sur les pratiques d’avortement chez les lycéennes à Yamoussoukro, 50 filles sur 80, soit 61,7% ont pratiqué un avortement provoqué. Cela contribue à accroître la morbidité et la mortalité maternelles. En effet, selon la dernière enquête de Procréation médicalement assistée (PMA) ,2020 réalisée courant 2018, 18% de la mortalité maternelle est imputable à l’avortement.

Tabous et insuffisances

Les raisons évoqués pour expliquer ces chiffres sont les tabous culturels liés à la sexualité des jeunes et l’insuffisance des services d’information et d’accès aux services de planification familiale (PF), en particulier aux contraceptifs modernes réversibles, adaptés aux jeunes, adolescents et aux besoins réels des femmes.

Si les jeunes ont encore du mal à utiliser les méthodes contraceptives ou refusent de demander des conseils sur la santé sexuelle et vont pratiquer l’avortement clandestin, c’est parce que la sexualité reste un sujet tabou. Et, lorsqu’ils décident de se renseigner, les services censés les recevoir et les guider les regardent et les prennent de haut. Ils préfèrent donc se renfermer sur eux même et n’osent même pas en parler à leurs parents. Conséquences : vie sexuelle mal gérée, grossesses précoces, absence de planification familiale, avortements à risque, expositions aux VIH et au infections sexuellement transmissibles (IST).

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